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Préface au livre d'August Hampel

« Préface de l’ouvrage d’August Hampel (trad. et adapté par Brigitte Colle-Lindenau et Didier Colus), J’occupais Royan, Saintes, Le Croît Vif, 2011, p. 11-15 »

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Á l’heure où la conjoncture mondiale, sur fond de crise de la construction européenne, ternit bien des rêves humanistes, la publication du récit du soldat Hampel représente peut-être une raison d’espérer. Le texte qu’ouvrent ces lignes est en effet de ceux qui étonnent, et donc qui retiennent, parce qu’ils portent à réfléchir. Loin des clichés, il nous fait entrer dans l’univers d’un « malgré-nous » d’un type particulier.

August Hampel est un soldat du IIIe Reich, c’est vrai. Il combat au sein de la Wehrmacht, on ne saurait le nier. Il occupe Royan comme tous ceux dont il partage le sort, nul doute n’est permis.

Et pourtant, le soldat Hampel n’est pas n’importe quel soldat. La présentation qu’en font Brigitte Colle et Didier Colus est là pour témoigner. Témoignage dans le témoignage, comme celui de l’éditeur qui a pris le courage de porter ce texte à la connaissance du public. Car le récit qui suit propose avant tout de témoigner au nom de la sensibilité. Celle d’un homme qui doute et s’interroge. Qui, par sa candeur un peu décalée, renvoie la réalité des combats au monde virtuel.

On commence ces pages comme si l’on partait en villégiature au bord de la mer, à Royan. On ne sait plus trop qui l’on est, ce que l’on voit et ce que l’on comprend, mais on entend sa sensibilité qui accompagne le narrateur de sa propre histoire au long des sillons poudreux ; mais de fait, en matière de poudre, c'est bien plutôt celle du canon que celle du sable qui recouvre terres, dunes et plages. Royan est occupé et l’occupant est assiégé. L’étau se referme, la poche se resserre. Hampel regarde se voiler la lumière sur cette terre qu’il aime, dont il parle la langue et où ses angoisses vibrent au même rythme que celles de la population locale. Il contemple bientôt les pierres sur le sol, celles que nous connaissons tous, celles du bombardement. Il en sort effondré. L’estuaire de la Gironde, cette terre de naufrageurs, sombre en janvier 1945.

Certes, le récit d’August Hampel n’ouvre pas en pionnier un sujet inviolé. Le Croît vif a déjà eu l’occasion de publier plusieurs ouvrages sur le bombardement par erreur et sur la poche. Nous songeons plus particulièrement à trois d’entre eux : Guy Binot, Royan, port de mer (2000), Samuel Besançon, Croix sur Royan. Cahiers d’un résistant, 1940-1945 (2000) et Jacques Perruchon, L’insupportable isolement. Poches de La Rochelle et Royan-pointe de Grave, 1944-1945 (2006).

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Préface au livre Parlez moi d'enfance et de maquis

« Préface du livre de Valmy et Didier Colus, Parlez-moi d’enfance et de maquis. Les mille fleurs de Valmy, Italien des Charentes, Saintes, Le Croît Vif, 2014, p. 7-8 » ;

De la possibilité de relire Solon et de le méditer

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